L'économie du café

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Découvert au 12ème siècle en Ethiopie, le café est aujourd’hui une boisson universelle, cultivée dans toute la ceinture tropicale, entre le tropique du Cancer et celui du Capricorne. Première matière agricole échangée dans le monde, et deuxième matière première en valeur après le pétrole, le café représente aujourd’hui un enjeu économique considérable. En effet, la production fait vivre environ 18 Millions de personnes alors que l’importation, la transformation et la distribution font vivre environ 100 à 110 Millions de personnes. Les échanges mondiaux de café entre pays producteurs et importateurs représentent, selon les années, entre 10 et 15 Milliards de dollars

Les principaux pays producteurs sont :

  • Le Brésil avec une production annuelle avoisinant les 45 Millions de sacs
  • Le Vietnam avec une production annuelle avoisinant les 15 Millions de sacs
  • La Colombie avec une production annuelle avoisinant les 11 Millions de sacs

La production reste très paysanne puisque les exploitations familiales (moins de 10 Hectares) représentent, selon les pays, de 80 à 100 % de la production en Afrique ou en Asie et de 60 à 80% en Amérique Latine. Côté consommation, il se déguste environ 1,5 milliard de tasses de café chaque jour dans le monde. En France, la consommation annuelle par habitant est estimée à 5 Kg, soit 2 tasses par jour.

Le café et la boursen

Le café est coté sur les marchés à terme : celui de Londres pour le Robusta et celui de New-York pour l’Arabica.
Les Marchés à terme sont des instruments de spéculation attaché à un sous-jacent (dans ce cas café Arabica pour New-York et café Robusta pour Londres). Le cours de ces marchés évolue en fonction des mouvements liés à la spéculation. On peut à tout moment acheter du café pour une période de livraison à venir. Un contrat est alors établi entre les parties, qui s’engagent à honorer leurs engagements. Le vendeur a une obligation de livraison et l’acheteur une obligation de paiement au niveau du cours fixé.
La cotation « café » du marché à terme, de New-York pour l’Arabica et de Londres pour le Robusta, correspond à un certain nombre de critères liés au sous jacent.
La cotation « Arabica » de New-York est exprimé en cents Dollar par livre poids (0,453gr) départ pays d’origine (sans les frais d’assurances et de transport) pour une qualité dite « ordinaire », de récoltes et origines diverses. La cotation « Robusta » de Londres est exprimé en Dollar par Tonne départ pays d’origine (sans les frais d’assurances et de transport) pour une qualité « grade 2 », crible 14-16, sans aucune précision sur l’origine.
En fonction de l’origine et de la qualité du café (terroir, type de récolte, nombre de défauts, taille des grains, année de récolte, …), une prime ou « différentiel » est appliquée au niveau du marché. Selon l’offre et la demande, cette prime est négociée à chaque achat avec le producteur ou les exportateurs.

L’Accord International du Café

Entre 1963 et 1989, un accord international signé entre de nombreux pays producteurs et consommateurs a fixé à fois un plancher et un plafond de prix ainsi que des quotas d’exportation. L’objectif de cet accord était de réguler le marché à terme afin de garantir des revenus rémunérateurs aux pays producteurs tout en garantissant le niveau des exportations au pays consommateurs. De plus, cet accord permettait aux Européen de préserver l’économie de leurs anciennes colonies. Suite à de nombreux différends entre pays signataires, l’accord pris fin en 1989 laissant place au libre échange.